Pêche électrique : pas d’interdiction mais un encadrement critiqué

Ce 21 novembre 2017 restera dans les mémoires de la mer comme un carrefour aux multiples enjeux législatifs sans qu’aucune décision ne soit formellement prise. En effet, en plus de l’officialisation des propositions que fera la Commission européenne aux Conseil des ministres pour le bar en 2018, les 27 députés de la commission pêche ont voté, hier soir, à 23 voix contre 3 abstentions la limitation de l’équipement en pêche électrique des flottes à 5%. Pour Alain Cadec, « Face à des abus dans le cadre de ces dérogations, le Parlement a établi des garde-fous clairs : les expérimentations doivent ainsi rester limitées à moins de 5 % de la flotte. Aucune extension de la pêche électrique ne pourra être envisagée avant quatre ans sans conclusions scientifiques indiscutables sur l’absence de dommages causés à l’environnement marin. De plus, le consensus entre les États membres concernés est nécessaire. » Une vision optimiste qui tranche largement avec celle de Bloom, l’association qui milite pour son interdiction, car selon eux ce compromis permet, dans les faits, d’équiper 5% de la flotte de chaque « métier » en techniques « innovantes » (nom donné à ce type de pêche NDLR).

Plus précisément depuis 2007, des dérogations émanant de la Commission de Bruxelles permettaient aux hollandais d’utiliser cette méthode de prélèvement, à titre expérimental, mais seulement à hauteur de 5 % des flottes de chalutiers à perche, et uniquement en mer du Nord. Or, hier c’est la possibilité d’intégrer ces 5% à tous les types de pêche qui a été voté et non plus exclusivement qu’à ceux à perche. Doit-on ainsi imaginer que d’autres espèces pourraient-être ciblées ? Par ailleurs si cette mission scientifique dont parle Monsieur Cadec ne démontre pas d’effet nocif sur l’environnement d’ici quatre ans, cette limite sera levée…

Si ces signaux ne sont pas des plus réjouissants, ces amendements devront toutefois être votés en plénière car le rapporteur du Règlement, Gabriel Mato, n’a pas reçu l’aval de ses collègues pour négocier directement en trilogue (Parlement, Conseil, Commission) le texte de loi final au nom du Parlement. Ce nouveau vote pourrait se dérouler au mois de février. Jusqu’à cette date, les lobbies devraient élargir leur cône d’influence rendant la bataille pour les défenseurs de l’environnement toujours plus délicate.

Rappelons tout de même que cette pêche est purement et simplement interdite par les grands pays pêcheurs dans le monde : Etats-Unis, Chine ou encore Brésil.

Dans tous les cas cette votation laisse un goût amer au pêcheur de loisir qui aura vu la même matinée, la commission se prononcer pour une interdiction totale du prélèvement de bar toute l’année 2018.

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