Des zones entières d’océan meurent, les poissons se concentrent

Un peu partout sur le globe, des pans entiers de mer perdent leur oxygène avec pour conséquence la création de “zones mortes“ et des concentrations de poissons sur certains points. Un phénomène gravissime qui s’amplifie de manière inquiétante et s’ajoute aux problématiques de la surpêche et de la pollution…

 

Ca fait quelques années que les pêcheurs ressentent l’augmentation de ce phénomène de concentration de poissons sans réellement pouvoir mettre une explication dessus. Aujourd’hui on sait peut-être pourquoi. Et si certains imaginait qu’en fait les populations ne baissaient pas, c’est loin d’être aussi réjouissant dans la réalité : selon une étude du Smithsonian Environmental Research Center (SERC) publiée dans la revue Science, les océans commencent à manquer cruellement d’oxygène.

Des zones mortes de plusieurs millions de km2

Si le phénomène n’est pas nouveau, aucune quantification ou projection n’avait été entreprise jusque là, or cette étude permet aujourd’hui de comprendre l’étendu des dégâts. En 70 ans, les « zones mortes » ont non seulement quadruplé, mais se sont aussi étendues de plusieurs millions de kilomètres carrés. Ca c’est pour le large, car à la côte, les résultats sont bien pires avec une multiplication de ces zones dix fois supérieur aux années 50… De facto, les espèces sédentaires comme les coraux, meurent et les espèces nomades (poissons) se déplacent vers des zones où se trouvent l’oxygène, mais font face à des concentrations qui, à terme, seront elles aussi néfastes pour la vie.

L’activité humaine pointée du doigt

Les scientifiques ont calculé qu’une zone d’océan où l’on trouve une valeur égale ou inférieure à 0,2 milligramme d’oxygène par litre est déclarée morte. Mais qu’est ce qui a pu faire autant baisser le ratio ? Toujours selon cette étude, « La baisse d’oxygène dans les océans est l’une des plus graves conséquences de l’activité humaine. » Particulièrement la pollution et encore plus lorsqu’elle est nutritive, à savoir les rejets d’engrais dans les mers. Le phospore par exemple, traverse les rivières en engendrant la prolifération d’algues qui viendra surconsommer l’oxygène présente dans l’eau des estuaires.

Des solutions existent

Face à ce phénomène alarmant, les chercheurs ont toutefois précisé que des cas de “résurrection“ avait déjà eu lieu. À Chesapeake Bay, dans l’Etat de Washington, des actions locales contre la pollution ont pu changer la donne et rendre la vie à cette ancienne “zone morte“. Rappelons que la moitié de l’oxygène présente sur la terre provient des océans et que cette raréfaction pourrait relâcher de nombreux gaz à effet de serre bien plus nocifs que le CO2, en clair un vrai cercle vicieux.

 

Soyez le premier à commenter

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*